“Tunisia was the first country to develop the pharmaceutical industry,” said Inès Fradi, Director General of Tunisia’s Pharmacy and Medicines Directorate (DPM), recently. “We were among the pioneers in this field, and it is high time to move on to make this industry an engine for growth and development.” This strong message demonstrates the awareness that exists among public and private stakeholders of the need to accelerate the development of Tunisia’s pharmaceutical industry and boost its competitiveness.
With good reason. The results of an assessment of the sector’s competitiveness, conducted by the World Bank Group (2014), highlighted the strengths of the pharmaceutical sector in Tunisia, but also revealed the constraints currently hindering its development. According to the study, the pharmaceutical industry in Tunisia has grown at an average annual rate of 15% – much higher than the global average. The industry meets 49% of the country’s need for medicines (mainly generics) and employs more than 6,000 people, 38% of whom hold skilled jobs with average salaries that are among the highest in Tunisia.
Despite these positive indicators, and a growth phase that has made it possible to meet local demand, the industry does not appear to have fully realized its potential. It has not opened up enough to foreign markets and, as a result, Tunisian exports of human medicines account for only 6% of local manufacturing – 13 times less than in comparable countries such as Jordan.
A new approach is needed to make the Tunisian pharmaceutical industry more competitive on world markets. The industry needs to export more and better medicines, gaining a foothold in foreign markets by targeting strategic markets where quality trumps price, but also developing a range of biotechnology-derived products, which are the new focus of the sector.
But this shift cannot occur without a more sustained effort to bring the regulatory and institutional framework up to international standards. Important reforms are still pending. These reforms are vital to fuel the growth of this high-value-added industry and are necessary and will be beneficial for public health.
t was that conclusion that prompted the Tunisian pharmaceutical sector to launch a public-private dialogue (PPD) more than a year ago. PPD is a participatory and inclusive process in which a variety of public and private stakeholders come together to develop new economic policies. It is part of a new culture of dialogue that has taken root in Tunisia in an effort to build resilience, not only at the national level (following Tunisia’s receipt of the Nobel Prize), but also at the sectoral level as a means of spurring economic growth and tackling the challenge of employment.
The first phase of this sectoral PPD has helped to prioritize the main constraints to competitiveness for the pharmaceutical sector. The identification of these priorities led to the forging of a common vision, and the formation of five public-private working groups to carry out the second phase of the PPD—the development of action plans. The dynamic role of Tunisia’s directorate, the DPM, and the involvement of representatives of the private sector, such as the national chamber of pharmaceutical Industries and the association of pharmaceutical companies engaged in research and development, have been key to the success of this process, which has been facilitated by the Bank. The full engagement of stakeholders has resulted in more than 40 high-level, public-private meetings involving some 15 institutions, including three government ministries, various public health authorities, and two associations of pharmacy-sector professionals.
Today, the sector is beginning to reap the rewards of the working groups’ efforts. The first initiatives envisaged are being implemented this year. The work of the group on optimizing marketing authorization procedures has advanced rapidly, and the reforms resulting from this participatory process were presented publicly by Tunisia’s Ministry of Health during a workshop. As marketing authorization procedures have always been a major concern for the public sector, and a major constraint to private-sector development, this is an important step forward facilitated by the PPD.
Other initiatives are also in the pipeline. The working group responsible for the development of pharmaceutical exports, for example, has put together scenarios for the period up to 2030 and is exploring target export destinations for which political and diplomatic support could be given.
If the PPD adventure continues in the pharmaceutical sector, and is eventually extended to other value chains to make Tunisia a platform of choice for health products and services, its success could produce a significant effect. Several other economic sectors in Tunisia could replicate this process, in which the consensus and conviction of stakeholders have given rise to an effective economic development alternative.
« La Tunisie a été le premier pays à développer l’industrie pharmaceutique en Afrique ». Nous étions parmi les pionniers en la matière et il est grand temps d’aller de l’avant pour faire de cette industrie un moteur de croissance et de développement », a récemment déclaré le Pr. Inès Fradi, Directrice Générale de la Direction de la Pharmacie et du Médicament (DPM). Un message fort qui témoigne de la prise de conscience des acteurs publics et privés pour faire évoluer rapidement cette industrie pharmaceutique et renforcer sa compétitivité.
Et pour cause, les résultats d’un diagnostic sur la compétitivité sectorielle réalisée par la Banque mondiale (2014) a permis de mettre en relief les atouts mais également les contraintes qui freinent aujourd’hui le développement du secteur pharmaceutique en Tunisie.
Selon cette étude, en Tunisie, l’industrie du médicament enregistre une croissance annuelle de 15%, bien plus importante que la moyenne mondiale. Cette industrie couvre actuellement 49% des besoins des médicaments du pays (principalement en génériques) et emploie plus de 6000 personnes dont 38% disposent de postes qualifiés avec un salaire moyen parmi les plus élevés en Tunisie.
Malgré ces indicateurs positifs et une phase de croissance qui a surtout permis de répondre à la demande locale, il apparait que cette industrie n’a pas réalisé pleinement son potentiel. Elle ne s’est pas suffisamment ouverte aux marchés extérieurs et pour conséquence : les exportations tunisiennes de médicaments humains ne représentent que 6% de la fabrication locale, soit treize fois moins qu’un pays comparable comme la Jordanie.
Un schéma de rupture est donc nécessaire pour faire évoluer l’industrie pharmaceutique tunisienne vers plus de compétitivité sur les marchés mondiaux. Exporter plus et mieux, cibler des marchés stratégiques où la qualité prime sur le prix, s’implanter à l’étranger, mais également développer une gamme de produits issue de la biotechnologie, deviennent les nouveaux objectifs du secteur.
Mais ce passage à la vitesse supérieur ne peut se faire sans une évolution plus soutenue du cadre règlementaire et institutionnel vers les standards internationaux. Des réformes importantes se font attendre : elles ne sont pas uniquement vitales pour booster cette industrie à haute valeur ajoutée, elles sont également nécessaires et bénéfiques à la santé publique.
C’est de cette conclusion que le secteur pharmaceutique tunisien a entrepris, depuis plus d’une année, un Dialogue Public-Privé (DPP). Il s’agit d’un processus participatif et inclusif où les différents acteurs publics et privés se rencontrent pour élaborer de nouvelles politiques économiques. Une nouvelle culture de dialogue qui s’est ancrée en Tunisie pour renforcer la résilience non seulement au niveau national (à la suite du Prix Nobel que la Tunisie a remporté) mais également au niveau sectoriel pour enclencher la croissance économique et répondre à l’enjeu de l’emploi.
La première phase de ce DPP sectoriel a permis de prioriser les principales contraintes à la compétitivité du secteur pharmaceutique. A partir de ces priorités, une vision commune a été établie et cinq groupes de travail public-privé se sont formés pour mener à la seconde phase du DPP, qui consiste en l’élaboration de plans d’action. La mobilisation de la DPM et l’implication des représentants du secteur privé (CNIP et SEPHIRE) ont été décisifs à la réussite de ce processus, qui a été facilité par la Banque mondiale. Un engagement total des acteurs qui a permis d’organiser plus de 40 réunions public-privé de haut niveau et d’impliquer près de 15 institutions dont 3 ministères, diverses administrations publiques de la santé et 2 associations professionnelles du secteur.
Aujourd’hui, le secteur commence à percevoir le fruit des efforts entrepris dans chaque groupe de travail et réalisent les premières actions à mettre en œuvre dès cette année. C’est le cas du groupe sur l’optimisation des procédures d’autorisations de mise sur le marché (AMM) dont les travaux ont avancé rapidement et pour lequel le Ministère de la santé a présenté publiquement, lors d’un workshop, les réformes issues de ce processus participatif. Il s’agit d’une avancée importante menée par le DPP, lorsque l’on sait que les dossiers d’AMM ont toujours été une préoccupation majeure pour le secteur publique et une contrainte importante pour le développement du secteur privé.
D’autres actions sont également en train de voir le jour. Tout comme le groupe de travail en charge du développement des exportations pharmaceutiques, qui a permis de dresser des scénarios de projection à l’horizon 2030 et d’explorer des destinations cibles pour lesquelles un appui politique et diplomatique pourrait être consacré.
Si l’aventure des DPP se poursuit pour le secteur pharmaceutique et aspire à être étendu sur d’autres chaines de valeur pour faire de la Tunisie une plateforme de choix pour les produits et services de santé, son succès produit un effet de démonstration considérable. Plusieurs autres secteurs économiques en Tunisie seront, en effet, en mesure de répliquer ce processus où le consensus et la confiance des acteurs ont su apporté une alternative efficace au développement économique.